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Comment faire une cloison en placo soi-même, du traçage aux finitions

Ouvrier debout vissant une plaque sur ossature metallique

Monter une cloison en plaques de plâtre est à la portée d’un bricoleur soigneux, à condition de respecter l’ordre des opérations. Une cloison placo se compose d’une ossature métallique fixée au sol, au plafond et aux murs, puis recouverte de plaques BA13 vissées de chaque côté. Voici la méthode complète, avec les quantités et un budget chiffré.

Les étapes pour monter une cloison en placo

Le chantier se déroule toujours dans le même ordre. Chaque phase prépare la suivante, et une erreur de traçage au départ se répercute jusqu’à la peinture.

  1. Tracer l’emplacement au sol, sur les murs et au plafond.
  2. Fixer les rails au sol et au plafond, puis poser les montants.
  3. Passer les gaines électriques et glisser la laine minérale.
  4. Visser les plaques de plâtre sur la première face, puis sur la seconde.
  5. Traiter les joints, poncer et peindre.

1. Le traçage de l’implantation

Marquez d’abord la position de la cloison au sol avec un cordeau ou une règle longue. Reportez cette ligne au plafond avec un laser ou un fil à plomb, puis sur les murs adjacents. Vérifiez la diagonale si la pièce doit rester rectangulaire : un écart de quelques millimètres au traçage devient un défaut visible une fois les plaques posées.

2. Les rails et les montants

Collez une bande résiliente sous chaque rail pour limiter la transmission des bruits, puis fixez-le tous les 60 cm environ avec des chevilles adaptées au support (béton, parpaing ou bois). Le rail du plafond se pose à l’aplomb de celui du sol, contrôlé au niveau à bulle ou au laser. Les montants se glissent ensuite entre les deux rails avec un espacement des montants de 60 cm (entraxe), de façon que chaque bord de plaque tombe sur un montant. Un montant se visse à chaque extrémité de la cloison, contre le mur.

3. Les gaines et l’isolant

Avant de fermer la première face, faites passer les gaines dans les trous prévus dans les montants, en les protégeant avec des fourreaux si nécessaire. Prévoyez aussi les boîtiers d’encastrement des prises à ce stade. La laine minérale se cale ensuite entre les montants, sans la tasser : une isolation écrasée perd son efficacité.

4. Le vissage des plaques

Posez la première plaque de plâtre à la verticale, à 1 cm du sol pour ne pas la mettre au contact de l’humidité. Fixez-la avec des vis à placo tous les 25 à 30 cm, enfoncées juste sous la surface du carton sans le percer. Pour la découpe des plaques, entaillez le carton au cutter le long d’une règle, cassez le plâtre sur l’arête d’une table, puis tranchez le carton du côté opposé. Les ouvertures de prises se percent à la scie cloche.

Une fois la première face terminée, retournez de l’autre côté et posez la seconde peau en décalant les joints d’au moins un montant par rapport à la première face. Ce décalage renforce la rigidité de l’ensemble et améliore le comportement acoustique.

Le matériel nécessaire

Voici les quantités à prévoir pour une cloison de référence de 10 m², soit 4 m de long sur 2,50 m de haut, avec une plaque BA13 de chaque côté. Ajoutez toujours une marge de 10 % pour les chutes.

Élément Quantité pour 10 m²
Plaques BA13 de 1,20 × 2,50 m8 à 9 (20 m² de surface à couvrir)
Rails (sol et plafond)3 rails de 3 m
Montants M48 de 2,60 m7 à 8 (entraxe de 60 cm)
Vis à placo (25 mm)500 à 600
Bande à jointenviron 30 m
Enduit de finition8 à 10 kg
Laine minérale (45 mm)10 m² si isolation souhaitée

Côté outillage, il faut un niveau à bulle ou un laser, un mètre, un cordeau, une visseuse, un cutter, un couteau à enduire large, une cisaille ou une scie à métaux pour les rails et une ponceuse à bras. Avec une ossature de 48 mm et deux plaques de 12,5 mm, la cloison finie fait environ 72 à 74 mm d’épaisseur.

Les conseils pour une cloison droite et solide

Ouvrier vissant des plaques sur des montants metalliques droits

L’aplomb se contrôle à chaque montant, pas seulement à la fin. Si le plafond est irrégulier, ajustez la position du rail supérieur plutôt que de suivre ses défauts : ce sont les plaques posées sur des montants droits qui donnent un mur droit. Gardez aussi un montant de renfort autour des ouvertures (portes, fenêtres) et à l’endroit où vous comptez fixer des meubles lourds.

Pour l’isolation phonique, la laine minérale compte autant que la qualité de la pose. Les rails doivent être désolidarisés du support par la bande résiliente, et chaque jonction avec un mur doit être calfeutrée avec un mastic acoustique. Une plaque haute dureté ou une seconde peau sur une face améliore encore le résultat dans une chambre ou un bureau.

Le passage des gaines se prépare avant le vissage. Une prise électrique encastrée dans une cloison exige des boîtiers adaptés aux parois creuses, et deux prises ne se placent pas dos à dos : décalez-les d’au moins un montant pour éviter de créer un pont sonore.

Finitions : joints, enduit et peinture

Les joints entre plaques se traitent en trois passes. Appliquez d’abord une première couche d’enduit dans la zone d’assemblage, marouflez la bande à joint dedans, puis recouvrez-la d’une couche fine. Après séchage complet, passez une dernière couche plus large pour estomper la bordure, en élargissant à chaque fois de quelques centimètres.

Le ponçage intervient une fois l’enduit sec, avec un abrasif fin et un éclairage rasant qui révèle les défauts. Dépoussiérez soigneusement, appliquez une sous-couche spéciale placo, puis la peinture. Sans cette sous-couche, le carton absorbe la peinture de façon inégale et les joints se devinent.

Budget et erreurs à éviter

Ouvrier vissant une plaque de placo dans un salon

150 à 250 € de matériaux pour 10 m² de cloison

Les matériaux se comptent à 15 à 25 € par m² environ, avant outillage. Un artisan facture de son côté une pose à 45 à 85 € par m², soit 450 à 850 € pour la même surface. Pour comparer avec un plafond, consultez notre article sur le prix pose placo au plafond. Les prix varient selon la région, l’épaisseur de l’isolant et le type de plaque (standard, hydrofuge, phonique).

Quelques erreurs reviennent sur la plupart des chantiers amateurs, et chacune se corrige.

Des plaques posées sans décalage

Si les joints des deux faces tombent sur les mêmes montants, la cloison perd en rigidité et fissure plus facilement. Prévoyez le calepinage dès la première plaque et, si c’est trop tard, coupez la plaque de départ de la seconde face pour décaler la suite.

Des montants mal aplombés

Un montant légèrement penché gondole la plaque et se voit en lumière rasante. Vérifiez chaque montant au niveau avant de visser, et reprenez celui qui dévie en le recalant dans les rails.

Des joints visibles après peinture

Ils trahissent un enduit trop épais, un ponçage bâclé ou l’absence de sous-couche. Reprenez avec une couche fine et large, poncez à nouveau, puis appliquez la sous-couche avant de repeindre.

Des vis trop enfoncées

Une vis qui perce le carton ne tient plus. Réglez la butée de la visseuse et, en cas de dégât, ajoutez une vis à 3 cm de la première.

Enfin, si le montage d’une ossature ne vous convient pas, les carreaux de plâtre ou le béton cellulaire sont d’autres options. Ils se maçonnent à la colle, offrent une bonne tenue mécanique, mais exigent un support parfaitement plan et un peu plus de technique.

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Article publié par la rédaction de Maison Cocooning.

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