Déposer un carrelage mural n’a rien de compliqué, mais l’opération est bruyante, poussiéreuse et fatigante si l’on s’y prend mal. Tout dépend de ce qu’il y a derrière les carreaux : un mur plein supporte des coups francs, une plaque de plâtre demande beaucoup plus de délicatesse.
Voici la méthode en trois lignes. On protège la pièce, on ouvre les joints autour d’un premier carreau, puis on le casse au marteau et au burin. Les suivants se décollent ensuite un par un, en glissant le burin sous le bord, avant de gratter la colle restante. Le détail de chaque étape suit.
Quels outils et précautions avant de retirer du carrelage mural ?
La dépose ne demande pas un arsenal de professionnel. Pour une salle de bains ou une crédence de cuisine, quelques outils manuels suffisent, auxquels on ajoute du matériel électrique si la surface est grande.
- un marteau (ou une massette de 1 kg) et un burin plat ou un ciseau à brique ;
- une spatule large et un grattoir pour dégager les joints et la colle ;
- un perforateur burineur, utile pour un mur plein sur plusieurs mètres carrés ;
- une décolleuse ou une meuleuse d’angle pour ouvrir les joints les plus tenaces ;
- des lunettes de protection, des gants, un masque anti-poussière et des vêtements couvrants.
Les éclats de céramique sont tranchants et partent dans toutes les directions : les lunettes et le masque ne se discutent pas. Côté pièce, retirez les meubles, couvrez le sol de cartons puis d’une bâche de protection, et fermez les bouches d’aération ou les portes pour limiter la poussière. Coupez aussi l’électricité sur le circuit concerné, puis déposez prises, interrupteurs, barres et supports fixés dans le carrelage.
Un dernier réflexe avant de frapper : repérez le passage des canalisations et des gaines électriques. Dans une salle d’eau, elles courent souvent à faible profondeur, et un coup de burin mal placé coûte cher. Dans un bâtiment ancien, une colle ou un mortier d’avant les années 1997 peut contenir de l’amiante. En cas de doute, faites un diagnostic avant de décarreler, ne cassez rien.
Identifier le type de mur avant de commencer
Ce qui change la manière d’attaquer le carrelage mural, c’est le support. Tapotez le mur avec le manche du marteau : un son plein et sourd indique un mur plein (béton, brique, carreaux de plâtre), un son creux et vibrant trahit une plaque de plâtre sur ossature ou un doublage. Un petit trou de test dans un joint confirme le diagnostic.
| Type de mur | Outil conseillé | Technique |
|---|---|---|
| Béton, brique | Perforateur burineur ou massette et burin | Frappes franches, burin en biais |
| Carreaux de plâtre | Marteau léger et burin | Coups mesurés, pas de percussion forte |
| Plaque de plâtre, mur creux | Spatule, petit burin, cutter | Burin presque à plat, carreau par carreau |
Comment enlever le carrelage du mur étape par étape

Commencez par repérer les carreaux déjà fissurés ou creux, ceux qui sonnent mal quand on les tapote. Ils partent plus tôt et offrent une prise idéale. À défaut, choisissez un carreau d’angle ou en bord de zone, là où le burin peut s’engager sans buter sur un voisin.
Avec la spatule, le grattoir ou un couteau, dégagez d’abord les joints tout autour de ce premier carreau. Si le joint résiste, la meuleuse d’angle ou la décolleuse y creuse une saignée nette, à condition de ne pas entamer le support. Cette étape évite que les carreaux voisins ne soient arrachés avec des morceaux de mur.
Sur un mur plein (béton, carreaux de plâtre)
Posez le burin au centre du premier carreau, à un angle de 45 degrés environ, et frappez d’un coup sec de marteau pour le fissurer. Retirez les fragments à la main (avec des gants), puis glissez le burin sous les bords du carreau suivant. Frappez toujours du centre vers l’extérieur de la zone, en gardant le même rythme : un geste régulier fatigue moins le poignet que de grands coups irréguliers.
Sur une grande surface en béton ou en brique, un perforateur burineur fait gagner des heures. Réglez-le sur la fonction burinage seule, sans rotation, et conservez une inclinaison faible pour ne pas creuser la paroi. Sur des carreaux de plâtre, laissez-le de côté : la percussion mécanique les fissure et vous obligera à les remplacer.
Sur une plaque de plâtre ou un mur creux
Ici, la vigilance prime sur la force : vérifiez d’abord que le placo qui bouge quand on appuie n’est pas déjà en mauvais état, au risque de devoir le remplacer plutôt que de le décarreler. Un coup de massette sur une plaque de plâtre traverse le parement en une seconde. Après avoir ouvert les joints, entamez le premier carreau avec un petit burin tenu presque à plat, puis soulevez-le de quelques millimètres, sans chercher à le casser en miettes.
10 à 15° : l’angle du burin pour épargner le placo
Une fois le premier carreau cassé, couchez le burin presque à plat contre le mur et poussez-le sous le bord du carreau suivant. Plus l’angle est faible, moins vous risquez d’entailler le carton de la plaque de plâtre ou le support en dessous. Un burin trop incliné creuse des cratères qu’il faudra reboucher ensuite.
Si la plaque de plâtre se déchire sous les carreaux ou si elle est gorgée d’humidité (mieux vaut alors vérifier les causes d’infiltration d’eau dans les murs), mieux vaut la déposer entière et la remplacer. C’est parfois plus rapide que de la réparer morceau par morceau.
Cas d’un carreau isolé à retirer
Pour changer un seul carreau fendu, perforez-le au centre avec une mèche à béton ou à carrelage, puis fragmentez-le du milieu vers les bords. Protégez les carreaux voisins avec du ruban adhésif de peintre et ne touchez à aucun joint voisin tant que le carreau n’est pas parti. Grattez ensuite la colle à la spatule avant de poser son remplaçant.
Enlever les restes de colle et remettre le mur à niveau
Une fois les carreaux déposés, le mur est couvert de colle à carrelage, parfois épaisse de plusieurs millimètres. Sur un mur plein, on la retire au burin plat ou à la spatule rigide, par petits coups rasants, puis on termine au grattoir ou à la ponceuse équipée d’un disque à gros grain. Sur une plaque de plâtre, on évite l’abrasion mécanique intensive, qui ronge le carton : mieux vaut gratter avec douceur, quitte à laisser une fine couche de colle bien accrochée.
Le ragréage ou l’enduit de rebouchage rattrape ensuite les irrégularités. Pour des trous et éclats isolés, un enduit de rebouchage en pâte suffit. Si la surface est vraiment creusée, appliquez un enduit de lissage en deux passes, en laissant sécher entre chacune. Poncez enfin à sec, avec le masque anti-poussière sur le visage, et dépoussiérez avec une éponge à peine humide.
Que faire après la dépose : gravats et préparation du mur

Les débris de carrelage pèsent lourd : comptez environ 20 à 30 kg par mètre carré, colle comprise. Remplissez des seaux ou des sacs à gravats solides plutôt que des sacs de poubelle, qui se déchirent, et ne les chargez pas à plus de la moitié. La déchetterie accepte généralement les gravats inertes, mais renseignez-vous sur les quantités et les horaires avant de faire le voyage. Pour un gros chantier, une benne louée évite les allers-retours.
Aspirez ensuite la pièce à fond avant de retirer les bâches, en commençant par le haut des murs, en vous aidant si besoin de la méthode pour nettoyer une salle de bain sale. Le mur doit être propre, sec et sain avant la suite : une peinture exige un support lisse et bien poncé, un nouveau carrelage s’accommode d’un fond plus rugueux mais plan. Dans une pièce d’eau, appliquez un primaire d’accrochage et, si besoin, un système d’étanchéité sous carrelage avant la repose.
Côté temps et budget, comptez une demi-journée pour une crédence, un à deux jours pour une salle de bains complète, plus la remise en état du support. Si le mur est en mauvais état, si l’amiante est suspectée ou si vous devez déposer plus de 15 à 20 m², un artisan prendra souvent entre 20 et 50 € le mètre carré, gravats compris selon les devis. Ce choix vaut le coup quand la fatigue et la poussière deviennent un frein.






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[…] à condition qu’aucun carreau ne sonne creux (sinon, mieux vaut suivre notre guide pour enlever du carrelage au mur sans abîmer le support avant de reprendre la […]